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Extraits :
"L'Oiseau-Tonnerre"
(nouvelle) :
Le
troisième jour, en fin d’après-midi, un orage d’une force
impressionnante éclata au-dessus de la Réserve. Les arbres et les flots
du lac étaient agités en vagues vertes et grises qui, se mêlant au gris
plus sombre des nuages donnaient l’impression de vouloir nous engloutir.
De grosses gouttes de pluie drue s’écrasaient au sol et sur les maisons
et un vent de tous les diables sifflait à nos oreilles. La foudre
s’abattait sur les environs à intervalles réguliers et de grands éclairs
blancs zébraient l’horizon.
« C’est
l’Oiseau-Tonnerre, me dit fièrement Trop-Grand, qui de ses yeux lance
des éclairs tandis que les battements de ses ailes génèrent les
bourrasques. »
Je
restais fasciné à la fenêtre de la cabane, prêt à déclencher mon
appareil photographique sitôt que j’apercevrais l’Oiseau lui-même,
mais je ne le vis point.
Le
lendemain matin je me levai tôt et entrepris une promenade dans la forêt.
Là, entouré d’immenses arbres, je ressentis toute la puissance et la vérité
de la Nature. J’avançais sans effort dans la fraîcheur lumineuse des
bois et parvins en un endroit où la végétation changeait. Je n’étais
pas très calé en botanique, mais il me sembla que les hauts arbres qui
m’entouraient à présent étaient des bouleaux. Leur feuillage était
d’un vert vif et clair, leurs troncs aux nuances argentées étaient
soulignés par les rayons d’or pâle du levant qui chatoyait également
à travers les frondaisons. La futaie s’éclaircissait et il me sembla
entrevoir le scintillement de l’eau entre les feuilles bordées d’un
filigrane de soleil. A cet instant je me crus transporté dans quelque
contrée imaginaire et m’apprêtai à rencontrer quelque elfe ou fée de
la forêt. Comme j’avançais, j’aperçus un ponton de bois, tout en
rondins clairs, posé comme par magie sur l’eau miroitante du lac, et
assis en tailleur sur cette jetée, face à moi, se tenait un jeune
indien.
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"Ikône
brisée" (poème) :
Icône brisée
D’un culte non-né
Tes adorateurs pleurent
Perdus dans le désert vide de réconfort
des pixels et des codes binaires
Cerbère est en colère et les
petites filles sont perdues
De belles femmes sanglotent dans
les bras de la bête
Rien n’a changé
Que ton départ
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