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Les
cinquante premières souscriptions se verront offrir un
ex-libris couleur (voir ci-dessous) en édition limitée numéroté
de l'illustration
de couverture.

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1800,
les Lumières s’éteignent, laissant en héritage une certaine idée du
progrès, retranchée du bonheur qu’on lui imputait. Durant les cent années
qui vont suivre, les grandes cheminées vomissant la suie, les guerres
toujours présentes, le colonialisme et les sciences refouleront
jusqu’aux portes du néant l’irrationnel du tréfonds des rêves,
l’inventivité des frontières de la pensée. Mais le surnaturel fascine
et s’oppose à la raison, à la réalité policée d’une société
plus industrieuse que culturelle, plus scientifique que mystique. Sur le
tombeau du 19ème siècle, treize nouvelles fantastiques
illustrées se recueillent, pour faire écho au romantisme noir, à
l’esthétique macabre, au symbolisme qu’affectionnaient les artistes
et intellectuels de l’époque.
Paris,
durant la commune, Cécile fuit la folie de la semaine sanglante en
s’adonnant à des voyages, à des rencontres d’outre-temps. Prague,
Deirdre la non-vivante, en quête de sang et de vérité, poursuit son
engendreur de sa vengeance. Séville, une gitane tente de changer le
destin d’un jeune médecin aux notes langoureuses d’un flamenco.
Venise, Fausta, aristocrate et aventurière, plonge au cœur des sombres
secrets de la cité des Doges. Londres, modèle et muse des peintres préraphaélistes,
Jane vous invite au mystérieux festin des Dieux.
Treize
histoires de femme, mère, amante, épouse, femme du monde, femme fatale
ou femme-objet. Treize destins étranges, troublants, tragiques ou émouvants
à effeuiller comme un antique journal exhumé d’un grenier.
Elie
Darco et Cyril Carau, auteurs et illustrateurs, marient leurs arts et leur
vie, en la cité Phocéenne. Passionnés de littérature imaginaire, ils
signent là, leur premier recueil de nouvelles, d’une plume éloquente
et raffinée.
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Extrait :
"La Vieille femme et la mer" (nouvelle
- Elie Darco) :
Le quai est glissant et le vent me bouscule
sans égard pour mon âge. Je préfère sa bise glaciale aux étreintes de
mes semblables. La veille, lorsqu’il a été temps de cesser d’espérer,
lorsqu’on m’a signifié que mon existence en revenait à sa prime
nullité, ils ont cru me soutenir à force d’affection. Mais leurs mots
perlaient l’amer, leurs embrassades sentaient l’embrun et ils ne
parlaient que de fatalité négligeant de nommer la véritable coupable.
Qu’on n’essaye plus d’adoucir mon sort avec des baisers de sel !
Ils me plaignent mais je sais lire dans leur yeux la sentence :
« Une vie de deuil qui devrait bientôt s’achever », c’est
pourtant bien le meilleur qu’il me souhaite ! moi dont le cœur se
brise à chaque instant comme l’onde saumâtre s’abîmant sur le quai.
De loin, j’ai repéré le bateau dont je compte m’emparer. Rien ne
bouge. Tous les hommes sont rentrés dans la soirée. Ils partent en mer
pour trois jours parfois, mais en cette saison c’est plus rare et les
signes sont manifestes : une tempête s’en vient. Nul ne tentera sa
chance, les bancs de morue s’enfoncent davantage lorsque la houle
grandit. Mais après ce nouveau déchaînement des éléments, il y aura
comme une manne, un regain de vie et davantage de poissons à prendre pour
ceux qui ont le nez creux et l’expérience. Mon mari était de ceux-là
et il connaissait des coins qu’on lui enviait, dont il ne partageait le
secret qu’avec ses fils… mes hommes tous disparus ! La garce, marâtre !
Moi je suis fille des semailles, ma mère avait des terres sur la grand’île
et j’ai de l’instruction, je ne te reconnais point comme providence,
tu n’es qu’une pourvoyeuse de mort ! Mer, je te hais !
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